5+ - Les droits ne sont pas garantis du fait de l’absence de l’État de droit
L’indice CSI des droits dans le monde

Syrie

Depuis 2011, la Syrie est entrée en guerre civile, tuant plus de 226 000 civils. Selon le dernier rapport de la Commission internationale indépendante d’enquête sur la République arabe syrienne, en 2020, les violations assimilables à des crimes contre l’humanité se sont poursuivies sans relâche. On estime que 6,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que 5,6 millions ont cherché refuge dans les pays voisins.
Selon le rapport, 9,3 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, sont en situation d’insécurité alimentaire. Les ménages sont contraints de recourir à des mécanismes de survie négatifs, notamment le travail des enfants.
Il est impossible pour les travailleurs de jouir de leurs droits dans un pays où les institutions gouvernementales ont fondamentalement échoué à tenir responsables ceux qui sont responsables de violations systématiques des droits de l’homme et du droit humanitaire. Le respect de l’État de droit est essentiel lorsqu’il s’agit de protéger les droits des travailleurs.

La CSI n’a pas de filiale en Syrie.

La Syrie a ratifié la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (1948) en 1960 et la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949) en 1957.

En pratique

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Des grèves de plus en plus souvent réprimées dans la violence31-10-2011

Jusqu’en 2011, les travailleurs/euses n’osaient généralement pas exercer leur droit de grève, compte tenu des lourdes pénalités qu’ils risquaient et de la répression contre toute activité jugée critique à l’égard du gouvernement. De crainte des représailles, les réponses aux appels à la grève générale ont été plutôt mitigées au cours de l’année, avec une participation plus forte dans les villes considérées comme des bastions de la démocratie que dans la capitale, Damas.

L’année 2011 a tout de même été marquée par une série de grèves générales, qui ont débuté en mars. Ces grèves s’inscrivaient largement dans le mouvement de protestation contre la répression des droits fondamentaux, le manque d’emplois décents et de perspectives d’avenir. Les membres de l’opposition ont convoqué des grèves nationales générales le 18 mai, le 23 juin et le 11 décembre. D’autre part, des grèves générales ont été organisées à Hama entre le 3 et le 5 juin puis à Homs et de nouveau à Hama le 7 juillet. Ces grèves, qui appelaient pour la plupart à la fin de la répression, ont fait l’objet d’interventions violentes, faisant de nombreux blessés et souvent des morts.

La centrale syndicale officielle rejette la protestation30-11-2010

La centrale syndicale officielle General Federation of Trade Unions (fédération générale des syndicats – GFTU) contrôlée par le gouvernement n’a pas participé aux récentes grèves et a continué de suivre la ligne du gouvernement, qui assimile le mouvement réformateur à un complot. La GFTU réfute catégoriquement l’opinion selon laquelle la direction politique du parti imposerait son contrôle à l’organisation. Elle soutient que les travailleurs/euses à tous les niveaux élisent librement leurs dirigeant(e)s et sont libres de voter en faveur de l’éviction des personnes qui ne représentent pas adéquatement leurs intérêts. Toujours d’après la GFTU, le système monosyndical en place doit son existence au fait que les travailleurs/euses eux-mêmes rejettent la pluralité syndicale, qui risque, à leurs yeux, de nuire à leur unité et à leurs intérêts. C’est exactement l’argument qu’a invoqué le gouvernement syrien dans les rapports qu’il a remis à l’OIT.

Position de la GFTU30-11-2009

Malgré les liens étroits qu’elle entretient avec le parti Baas au pouvoir, la GFTU réfute catégoriquement la suggestion selon laquelle la direction politique du parti imposerait son contrôle à l’organisation. Elle soutient que les travailleurs à tous les niveaux élisent librement leurs dirigeants et sont libres de voter en faveur de l’éviction des personnes qui ne représentent pas adéquatement leurs intérêts. Toujours d’après la GFTU, le système monosyndical en place doit son existence au fait que les travailleurs eux-mêmes rejettent la pluralité syndicale, dès lors qu’une telle pluralité nuirait à leur unité et à leurs intérêts. Le gouvernement a invoqué des arguments similaires dans ses rapports à l’OIT.

Le droit de grève n’est pratiquement pas exercé31-10-2009

Les travailleurs n’osent généralement pas exercer le droit de grève, en raison des lourdes sanctions prévues et de la réintroduction de la répression de toute activité considérée comme critique à l’égard du gouvernement. En novembre 2009, toutefois, environ 30.000 employés de l’Agence de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient (UNRWA) en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza, en Jordanie, en Syrie et au Liban se sont mis en grève durant une brève période. Les travailleurs et les membres de syndicats ont indiqué qu’ils faisaient grève pour améliorer la qualité des services offerts aux réfugiés palestiniens, pour supprimer les conditions de service imposées aux employés et augmenter le nombre d’employés au niveau de la région.

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