4 – Violations systématiques des droits
L’indice CSI des droits dans le monde

Tchad

Les organisations affiliées à la CSI au Tchad sont la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad (CLTT) et l’Union des Syndicats du Tchad (UST).

En pratique

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Répression et intimidation des syndicats en grève30-12-2016

En décembre 2016, confrontées à une grogne sociale sans précédent, les autorités du pays ont intensifié leur répression contre les syndicats. Réunies en front commun, l’UST et deux autres organisations syndicales menaient depuis fin septembre une grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

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dans les secteurs de l’administration, de la santé et de l’éducation pour protester contre des mesures d’austérité drastiques et des arriérés de salaire, ainsi que plus globalement contre la mauvaise gouvernance.

Ainsi, le six décembre dans la capitale, une manifestation à l’appel du comité des femmes des trois syndicats n’a pas pu se dérouler, les forces de l’ordre leur barrant l’accès à la Bourse du travail. A Moundou, dans le sud du pays, une autre manifestation de femmes a été réprimée. Plusieurs militantes ont été brièvement interpellées.

Le 26 décembre, lors d’une réunion politique à laquelle assistaient des journalistes, le chef de l’État, s’en est violemment pris aux syndicats, appelant à leur dissolution s’ils continuaient à s’opposer au régime en place, les accusant d’être à la solde de l’opposition et de chercher à s’enrichir sur le dos des travailleurs. Embarrassé par la virulence de ces propos, l’entourage présidentiel a ensuite interdit leur diffusion par les médias audiovisuels.

À la même période, une mission syndicale de la CGT française qui voulait venir apporter son soutien aux grévistes s’est vu refuser par deux fois la délivrance de visas. En urgence, le gouvernement a aussi adopté une nouvelle réglementation sur le droit de grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

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. Le 30 décembre, le Parlement entérinait la décision du gouvernement de ne plus payer les jours de grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

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Arrestation et condamnation du secrétaire général de l’UST 14-04-2016

Le 22 mars 2016, Younous Mahadjir, le secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad (UST) affiliée à la CSI, a été arrêté pour avoir appelé à manifester pacifiquement contre la volonté du président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, de briguer un cinquième mandat. Trois autres leaders de la société civile ont été également emprisonnés pour les mêmes raisons. Le 14 avril, quelques jours après sa réélection, les quatre militants ont été libérés après avoir été condamnés à quatre mois de prison avec sursis avec interdiction de mener des actions subversives. L’Internationale des services publics (ISP) et Amnesty international ont mené campagne pour cette libération

Attaques contre les droits syndicaux et fondamentaux31-12-2015

En février, Amnesty International a rapporté que la liberté d’expression et de réunion des défenseurs des droits humains, des journalistes et des syndicalistes était régulièrement bafouée : « Ceux-ci étaient fréquemment la cible de manoeuvres d’intimidation, de harcèlement ou d’arrestations arbitraires imputables aux services de sécurité et aux indemnités administratives ». Ainsi, l’Union des syndicats du Tchad (UST), Radio FM Liberté et la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) qui entretiennent entre eux des liens étroits ont continué à oeuvrer dans un climat de répression et de suspicion.
En janvier à Doba, puis en mars dans la capitale, des manifestations d’étudiants ont entraîné des violences policières très graves : quatre morts en janvier, deux en mars. À l’université de N’Djamena, des enseignants membres du Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS) ont été molestés par les policiers lorsque ceux-ci ont pénétré dans les locaux. Dans un rapport accablant sur les événements de N’Djamena, la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) a fait état de deux morts, de 103 blessés, de plus de 200 personnes arrêtées parmi lesquelles 53 ont été torturées ou soumises à des traitements dégradants. Quand le rapport a été rendu public fin mars, le gouvernement a cherché à intimider la LTDH.
Les attaques ont continué. Le 29 juillet, trois des principales organisations de la coalition « Trop c’est trop », qui a pour objectif de défendre les Tchadiens contre l’arbitraire et les violations des droits humains, ont annoncé qu’elles suspendaient leur participation à celle-ci. Elles ont dénoncé le noyautage de certaines personnes et associations de la coalition par le pouvoir. Quelques heures après, la rumeur courrait que la LTDH, l’UST et le SET avaient été reçus en secret par le chef de l’Etat qui leur avait versé une grosse somme d’argent pour quitter la coalition, un mensonge grossier contre trois organisations phares de la société civile.
Fin juillet, la LTDH, l’UST et le SET encore ont exprimé leur vive inquiétude avant l’adoption d’un projet de loi anti-terroriste qui annulerait quasiment le droit de grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

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et de manifestation. Le 30 juillet, grâce à leur mobilisation et à celle de l’opposition, la loi était votée, mais fortement remaniée et sans ces dispositions liberticides.

Violents affrontements à Bongor et à Moundou 18-01-2014

Les travailleurs d’entreprises chinoises exploitant des gisements pétroliers à Bongor et à Mondou ont fait grève grève Forme d’action collective la plus répandue, la grève désigne un arrêt de travail concerté sur une période limitée et peut revêtir de nombreuses formes.

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pour protester contre le refus de la direction de reconnaître les syndicats. Le 18 janvier 2014, de violents affrontements se sont produits sur le site de Koudalwa dans la région de Bongor. Les travailleurs/euses s’efforçaient, depuis avril 2013, d’organiser des élections syndicales et revendiquaient de meilleures conditions de travail ainsi que la démission de la direction qui ne leur permettait pas de se syndiquer. En août 2013, le gouvernement a ordonné la suspension des activités des entreprises pour de graves infractions à l’environnement.

Incarcération de membres de l’Union des journalistes tchadiens06-05-2013

Eric Topona, secrétaire général de l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT), a été écroué le 6 mai 2013 et accusé d’atteinte à l’ordre constitutionnel. Moussaye Avenir de la Tchiré, directeur de publication du journal Abba Garde et trésorier de l’UJT, a lui été arrêté pour « incitation à la haine et au soulèvement populaire ».

Non-respect des conventions collectives28-11-2012

Le 28 novembre 2012, le gouvernement a mis fin unilatéralement à un accord national sur les salaires minimum dans le secteur public. Le gouvernement et l’UST avaient signé une déclaration commune d’intention et un accord le 11 novembre 2011.

Refus de la liberté d’expression et emprisonnement de syndicalistes18-09-2012

L’Union des Syndicats du Tchad (UST) a rédigé une pétition qui dénonce la corruption et l’appauvrissement de la population sous la présidence d’Idriss Déby. François Djondang, Michel Barka et Younous Mahadjir ont été accusés de diffamation. Jean-Claude Nékim a également été accusé de diffamation après avoir relaté cet incident dans le journal N’Djaména BiHebdo. Le 18 septembre 2012, le tribunal de première instance a condamné François Djondang, Michel Barka et Younous Mahadjir à 18 mois d’emprisonnement et à une amende de 1,5 million XAF (2290 EUR) pour crime de haine. Alors qu’ils prévoient de faire appel de cette décision, l’indépendance du tribunal est remise en cause, dans la mesure où ses membres ont été remplacés suite à un décret, le 17 septembre 2012.

Le dialogue social à l’arrêt 11-11-2011

En front commun, les deux principales centrales syndicales ont dénoncé le mépris du gouvernement pour les revendications des travailleurs, notamment en ce qui concerne la revalorisation des salaires dans la fonction publique, un engagement pris par le gouvernement en 2007 selon lequel la hausse aurait lieu dès que la situation financière le permettrait. Or, depuis lors, les ressources de l’État ont triplé, voire quadruplé. Le 11 novembre, après trois grèves, le chef de l’État a consenti à rencontrer les dirigeants syndicaux et à satisfaire une partie de leurs revendications.

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